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  • Elle disait « À chaque chaudron son couvercle » et elle savait l’importance d’un couvercle bien ajusté. Elle disait même « Qui choisit prend pire », pour bien marquer qu’on ne doit en aucun cas contrer le destin, qui de toute façon aura raison. Elle n’avait pas lu Claudel, mais elle savait que le destin, comme Dieu – c’était peut-être pareil –, écrit droit avec des lignes courbes.

    JEAN CLÉO GODIN


    Qu’ont en commun Brigitte Bardot, Wajdi Mouawad et le colonel Khadafi ? Ils écrivent des lettres. Comme Tintin ou Jacques Demers, ils sont la preuve que l’art épistolaire existe toujours, même au temps du courriel, de Facebook et de Twitter. Dans Écrire au pape et au Père Noël, Benoît Melançon s’est amusé à rassembler des curiosités épistolaires d’hier et d’aujourd’hui. Il a mesuré les effets des retards épistolaires. Il a comparé les mérites respectifs des bouteilles à la mer et des objets envoyés par pigeon voyageur. Il a respiré les parfums épistolaires, avant et après l’apparition du pourriel et des chaînes de lettres. Il a chanté quelques airs venus de la correspondance. Les lettres de recommandation et la poste d’outre-tombe n’ont plus de secret pour lui. Il a voulu déchiffrer le langage des timbres-poste. Et, bien sûr, il s’est demandé comment on s’adresse au pape, au Père Noël ou à un serial killer : on ne sait jamais, ça peut toujours servir.